Un nouvel encadrement pour les jeunes dessaisis de Saint-Hubert

Le Centre pour jeunes dessaisis de Saint-Hubert relève depuis le 1er janvier 2015 de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Un nouveau type de prise en charge y est entré en vigueur ce 1er février, après avoir été progressivement introduit depuis quelques mois. Le Ministre Madrane est revenu, pour La Libre Belgique, sur les motivations qui ont entraîné ce changement de cap et sur les résultats attendus.

 La 6e réforme de l’Etat a entraîné la communautarisation des centres fédéraux pour jeunes. La Fédération Wallonie-Bruxelles s’est donc vu confier le centre fermé de Saint-Hubert, dont une section accueille des jeunes de 16 à 23 ans qui ont fait l’objet d’un dessaisissement du juge de la jeunesse pour des faits commis avant 18 ans.

Cette section peut accueillir 13 jeunes au maximum, qui étaient jusqu’alors soumis au régime des détenus. Le taux de récidive chez les jeunes y atteignait 90%. Le Ministre Madrane, qui a hérité de cette compétence dans le cadre des Maisons de Justice, a voulu changer la façon dont ces jeunes sont pris en charge.

Le Ministre a donc élaboré, avec l’administration des Maisons de Justice et l’administration de l’Aide à la Jeunesse, un projet pédagogique novateur pour cette section.

« Le centre se veut désormais un établissement de transition qui met le jeune au centre du dispositif avec pour objectif une sortie de la délinquance, explique Rachid Madrane. C’est une approche nouvelle et très différente, qui se base sur une prise en charge individualisée du jeune et qui vise à préparer sa réinsertion pour éviter la récidive. »

Dès son entrée au centre, le jeune est encadré dans un projet qui prépare sa sortie. Un assistant social le suit dans tout son parcours. La prise en charge comporte un programme de formation.

Le centre reste un lieu de privation de liberté, mais ouvert sur la société : des ex-délinquants sont invités dans des groupes de parole pour expliquer leur sortie de la déliquance ; des artistes, des sportifs, des bénévoles,… sont également invités à intervenir.

Le projet vise également à construire une cohérence du suivi entre l’intra et l’extra muros et de s’assurer de l’existence de relais solides lors du retour du jeune dans la société.

« On a un grand avantage, précise Rachid Madrane. C’est la même administration des Maisons de Justice qui organise les activités à l’intérieur et le suivi à l’extérieur, quand le jeune a des congés ou est en liberté conditionnelle. »

Dès l’incarcération du jeune, un assistant de justice prend contact avec la famille et les proches qui comptent pour lui. A la sortie du jeune, c’est le même assistant de justice qui prend le jeune en charge de façon beaucoup plus intensive. Avec pour objectif de réussir sa réinsertion dans la société et d’éviter la récidive, pour protéger la société.